How has the Six-Day War transformed the geopolitics of the Middle East?

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How has the Six-Day War transformed the geopolitics of the Middle East?

Category : News

Julie Kebbi, L’Orient LE JOUR, 13.06.2017

«L’échec du panarabisme offre un espace, un boulevard même, pour l’essor régional de l’islamisme politique », observe Barah Mikail, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à la Saint Louis University de Madrid et membre du Conseil consultatif de la Fondation ACM.

L’offensive israélienne entamée le 5 juin 1967 marque pour les États arabes l’annexion de territoires égyptiens, syriens et jordaniens par l’État hébreu.

5 juin 1967. Cinquante ans ont passé, mais la date reste toujours aussi forte et résonne à travers le monde arabe. Marquant le début de la guerre des Six-Jours, cette journée constitue l’un des tournants de l’histoire du conflit israélo-palestinien. Le temps d’une semaine à peine, le Proche-Orient s’embrase. Suite à la montée progressive des tensions dans la région entre Israël et ses voisins, l’armée israélienne lance une offensive contre les États voisins, justifiée comme étant préventive. L’attaque terrasse les armées égyptiennes, jordaniennes et syriennes. À terre, près de la totalité des avions égyptiens est détruite. Mission réussie pour l’armée israélienne, qui contrôle alors l’espace aérien. Israël fait de même contre l’aviation jordanienne, alliée de l’Égypte, avant de lancer des attaques terrestres.

Le 10 juin 1967 marque la victoire de l’État hébreu, qui agrandit considérablement son territoire. En revanche, les trois pays arabes parties au conflit perdent chacun une portion non négligeable de leurs territoires dans cette attaque éclair. Ainsi, Israël annexe la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza jusqu’alors sous contrôle égyptien, le plateau syrien du Golan, la Cisjordanie et Jérusalem-Est, ville dont le statut est controversé jusqu’à aujourd’hui. Pour les États arabes, souvenir douloureux et défaite cuisante résument cette période, qui fait 20 000 morts dans le camp arabe contre 750 côté israélien. L’épisode s’ajoute à celui de la guerre de 1948, symbolisée par la Nakba (exode forcé des Palestiniens), signifiant la catastrophe, et par la création de l’État d’Israël. À nouveau, des milliers de Palestiniens font face à un exode malgré eux, nommé, cette fois, la Naksa.

L’échec du panarabisme

Les répercussions de cette troisième guerre israélo-arabe sur les dynamiques de la région ne se font pas attendre et se font toujours ressentir aujourd’hui. L’année 1967 marque le renversement des rapports de force au profit d’Israël, qui renforce ainsi son alliance avec les États-Unis pour consolider sa position au Proche-Orient, mais aussi une certaine désolidarisation des pays arabes entre eux. « La guerre des Six-Jours a porté un coup sévère aux deux porte-voix majeurs du nationalisme arabe, c’est-à-dire l’Égypte et la Syrie », explique Alain Dieckhoff, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et auteur de l’ouvrage Le conflit israélo-palestinien (Armand Colin, 2017). « Ils ne s’en sont jamais vraiment relevés et ce nationalisme n’existe plus aujourd’hui en tant qu’idéologie », ajoute-t-il. Le panarabisme disparaît progressivement des agendas des États, laissant place à la question des réfugiés palestiniens dans la région, qui, à ce jour, n’est toujours pas réglée.

Ainsi, « l’échec du panarabisme offre un espace, un boulevard même, pour l’essor régional de l’islamisme politique », observe Barah Mikail, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à la Saint Louis University de Madrid. Plus tard, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), créée au Caire en 1964, sera dirigée par Yasser Arafat qui s’impose sur la question du nationalisme palestinien en rassemblant différents mouvements autour d’elle, dont le Fateh. Des mouvements religieux prennent également plus d’ampleur dans le conflit israélo-palestinien, avec la création en 1987 du Hamas et qui fait depuis concurrence au Fateh, maintenant dirigé par Mahmoud Abbas.

Processus de paix au point mort

Cette année-là donne également naissance à la résolution 242 de l’ONU, l’une des plus importantes, réclamant le retrait des troupes israéliennes, la création de zones démilitarisées ou encore « un règlement juste du problème des réfugiés ». « La guerre des Six-Jours continue à être une des pierres angulaires des évolutions régionales ; en témoigne évidemment le fait que les Palestiniens sont à ce jour démunis d’un État, mais aussi le fait que toutes les initiatives ayant pour objectif de régler le “contentieux israélo-arabe” prennent pour base la résolution 242 de l’ONU », note Barah Mikail.

En apparence, peu de choses semblent avoir évolué ces cinquante dernières années. Mais « on ne peut pas en avoir une vision entièrement négative », insiste Alain Dieckhoff. « En 1967, les Israéliens n’avaient aucun contact avec les Palestiniens, ce qui n’est plus le cas désormais. Il faut se souvenir des accords d’Oslo de 1993, ou encore de la constitution de l’Autorité palestinienne », qui représente l’État de Palestine, précise-t-il. Aujourd’hui, de nombreux observateurs considèrent le processus de paix plus enlisé que jamais. L’arrivée de Donald Trump à la tête des États-Unis avec une politique pro-israélienne a poussé les parties à camper sur leurs positions. Le président américain s’est engagé en parallèle à résoudre le conflit, mais tout en éloignant, paradoxalement, la solution à deux États revendiquée côté palestinien. Il y a une dizaine de jours seulement, M. Trump a rencontré Benjamin Netanyahu, ainsi que Mahmoud Abbas, mais peu de choses concrètes sont ressorties de ces rencontres. Porteuses de peu d’espoir, celles-ci « n’annoncent pas une relance des négociations de paix, mais seulement beaucoup de paroles et de gestes », déplore Alain Dieckhoff.


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