Cercle de Thessalie de l’ACM au 1er Forum des pays Balkaniques à Thessaloniki

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par Yolanda Ziaka

Le cercle de Thessalie de l’ACM a participé au premier Forum des pays Balkaniques, le «1st BALKAN FORUM» (https://balkanforumthess.com), qui a eu lieu à Thessaloniki en Grèce, les 5 et 6 avril 2019. Avec la participation de soixante ministres des pays Balkaniques, de diplomates, de représentants de Chambres de Commerce, de Banques, d’Universités et d’organisations de la société civile, ainsi que des consuls généraux des Etats-Unis et de l’Allemagne à Thessalonique, ce Forum a marqué un important pas en avant et une volonté politique forte pour le développement de la coopération des États balkaniques par une approche économique et culturelle.

Les intervenants étaient unanimes sur l’importance cruciale de l’intégration régionale, dans cette région carrefour de l’Ouest et de l’Est, foyer de maints conflits aux répercussions mondiales dans le passé, dont le rôle s’avère décisif dans la nouvelle carte mondiale que dessinent les échanges commerciaux, les nouvelles routes de l’énergie et les déplacements de populations.

Au centre de la discussion, le besoin du développement des grands axes énergétiques, des réseaux de télécommunication, de la modernisation des axes routiers du sud au nord, de l’est à l’ouest. Des exemples saillants qui justifient ce besoin ont été donnés, comme l’intérêt grandissant de la Chine pour l’acheminement de marchandises à l’Europe centrale via les Balkans.

Le vice-président du gouvernement grec et le ministre de l’Economie et du Développement, M. Dragasagis, a insisté sur le besoin d’un «co-développement» des pays de la région, au lieu d’un simple développement d’échanges commerciaux, souvent fragmentés, augmentant les inégalités. Le «co-développement» inscrit dans le cadre de l’intégration européenne et dans une perspective de développement durable, respectueux des équilibres écologiques et socialement juste, serait indispensable et réalisable, étant donné la caractéristique «carrefour» de la région. La présence des grandes puissances mondiales dans les Balkans au service de leurs propres projets géostratégiques, ne devrait pas empêcher les pays Balkaniques de formuler et de poursuivre leur propre stratégie de développement régional intégré.

Des ministres grecs ont par ailleurs annoncé la création d’une Banque de développement des Balkans basée à Thessalonique qui sera liée aux programmes existants de coopération transfrontalière (INTERREG) et au Fonds européen de développement régional.

Le grand besoin de rompre avec la fragmentation artificielle et le cloisonnement des pays de la région, liés à l’histoire des Balkans, était manifeste dans le discours des participants. Signe de cela, la vice-ministre de l’Intérieur grec – Division de Macédoine-Thrace, a terminé son allocution par le très beau extrait du roman de E. Hemingway ‘Pour qui sonne le glas’: «Nul homme n’est une île complète en soi-même; tout homme est un morceau de continent, une part du tout; si une parcelle de terrain est emportée par la mer, l’Europe en est lésée, tout de même que s’il s’agissait d’un promontoire, tout de même que s’il s’agissait du manoir de tes amis ou du tien propre; la mort de tout homme me diminue, parce que je suis solidaire du genre humain. Ainsi donc, n’envoie jamais demander : pour qui sonne le glas; il sonne pour toi.